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Author Topic: Les Merveilles Divines dans les Âmes du Purgatoire  (Read 918 times)

Poche

Re: Les Merveilles Divines dans les Âmes du Purgatoire
« Reply #10 on: January 04, 2017, 11:39:pm »
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7ème Merveille        UNE AME DU PURGATOIRE RAPPELEE A L’EXPIATION
SUR LA TERRE.
 Dedi illi tempus ut paenitentiam ageret : Je lui ai accordé du temps pour faire Pénitence. (Apocal. II, 21)
Oh ! que ne donneraient pas les âmes du purgatoire
pour avoir quelques moments de ce temps dont nous
prodiguons les heures dans des occupations inutiles et
dans les vanités terrestres ! Quelles pénitences, quels
travaux n’entreprendraient-elles pas volontiers, avec
empressement, pour s’épargner seulement quelques
minutes de leurs cruelles tortures ! Citons un nouvel
exemple, plus admirable à la vérité qu’il n’est imitable,
celui de la vénérable vierge Angèle Tholoméi, domi-
nicaine.
 Elevée dès le premier âge dans l’amour de la vertu,
elle fit, par sa correspondance à la grâce, de rapides
progrès dans la perfection. Bientôt elle tomba dange-
reusement malade. Quand elle vit qu’il n’y avait plus
d’espérance du côté de la science humaine, elle eut
recours à son bienheureux frère, J.-B. Tholoméi, dont
la sainteté était déjà célèbre ; mais les ferventes oraisons
de ces deux âmes n’obtinrent point ce qu’elles dési-
raient, DIEU ayant d’autres desseins sur sa servante.
On peut dire ici, comme saint Augustin au sujet de
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Lazare : « Distulit sanare infirmum, ut resuscitaret mor-
tuum : Il tarde de guérir le malade, afin de ressusciter
le mort »
 Angèle était donc près de rendre le dernier soupir,
lorsqu’elle eut une vision. Il lui sembla qu’elle était
transportée dans une lieu très-vaste, où étaient repré-
sentées au vif toutes les peines du purgatoire. C’étaient
les tourments les plus variés : ici, des flammes arden-
tes ; là, des étangs de glace ; ailleurs, du soufre bouil-
lant, des roues à pointes de fer rougies au feu ; des
bêtes féroces à la dent aiguë, et cent autres supplices
dont la seule idée fait frémir. Il lui fut montré en quel
lieu son âme, qui allait sortir de son corps, allait se
rendre pour expier certains défauts qu’elle n’avait pas
assez combattus durant sa vie. En un mot, tel fut cet
horrible spectacle, que, lorsqu’elle retrouva sa connais-
sance, elle frémissait de la tête aux pieds. Elle raconta
tout à son saint frère, le suppliant de lui obtenir par
ses prières assez de vie pour se purifier de ces fautes
et éviter de pareils tourments.
 Malgré ces désirs et ces supplications, le Seigneur
marqua le moment final, et elle expira. Mais, pendant
que l’on portait son corps en terre, le bienheureux
Jean-Baptiste, mu par une inspiration d’en-haut, com-
manda à sa sœur, au nom de JESUS-CHRIST , de quitter
les ombres de la mort et de reparaître vivante. O pro-
dige ! à l’instant le corps s’agite, la tête se lève, la
défunte est ressuscitée !
 Elle savait à quel dessein le Ciel avait permis pour
elle un tel miracle. Aussi n’eut-elle plus d’autre souci
que de faire pénitence. Elle ne se contentait pas des
austérités aordinaires, cilices, disciplines, veilles pro-
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Longées, jeunes rigoureux ; tout cela lui paraissait insignifiant auprès de ce qu’elle avait vu, mais elle demandait à l’eau et au feu une expiation plus complète : au milieu de l’hiver elle se plongeait dans une étang glacé ; d’autre fois, elle se mettait dans les flammes et y restait plusieurs secondes, malgré les plus cuisantes douleurs ; ou bien elle se roulait dans les épines jusqu'à rester tout en sang. Elle n’était attentive qu’a rechercher  les moyens de mortifier  sa chair, de la punir des moindres fautes. Elle ne se montrait pas moins avides des peines morales et des contradictions de toutes sortes. Elle était devenue un objet de pitié et presque d’horreur pour les témoins de son martyres. Plus d’une fois on lui conseilla de modérer ses austérités, on lui reprocha d’être trop cruelle pour elle-même. – « Ah ! Répondait-elle, qu’est-ce que tout cela, en comparaison des supplices réservés dans l’autre vie au infidélités qu’on se permet ici-bas si aisément ? Qu’est-ce que cela ? Qu’est-ce que cela ? Puissé-je en faire cent fois d’avantages ! » Et elle continuait. Enfin, semblable à l’or purifié par le feu, elle fut de nouveau appelée par le juge souverain au lieu du céleste repos, où elle s’envola, il faut le croire, sans passer par une expiation nouvelle. Combien ce trait nous devrait faire trembler ! Quoi ! Voilà une bonne religieuse, une fervente sœur Angèle, dans le travail de cette effroyable pénitence ; elle l’accomplit en tremblant et nous, pêcheurs, nous nous en dormons trantiquellement dans la mer de nos iniquités ! Quel sommeil ! Quelle illusion ! Quel endurcissement !
Frère Dominique-Marie Marchesi, Vie de la vénérable Angelae Tholomeae, 9 nov, au Diario Dominicano

http://jesusmarie.free.fr/purgatoire_rossignoli_les_merveilles_divines.html

Poche

Re: Les Merveilles Divines dans les Âmes du Purgatoire
« Reply #11 on: February 08, 2017, 11:43:pm »
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8e MERVEILLE.
COMBIEN LES AMES DU PURGATOIRE SONT SOULAGEES PAR LE JEUNE ET L’ORAISON.
Le Seigneur exaucera vos prières, si vous persévérez dans la prière et le jeûne
(Judith IV, 12)
La charité doit porter tous les fidèles, sans exception, à s’intéresser aux souffrances des pauvres âmes qui expirent leurs péchés par le feu ; mais elle créé un devoir plus pressant encore s’il s’agit de parents, d’amis, de bienfaiteurs. La reine Gude, épouse de Sanche roi de Léon, l’avait compris.
Ce grand prince venait de triompher d’une révolte par la valeur de ses armes, et les rebelles étaient amenés à une entière soumission, lorsque leur chef Gonzalve, voyant qu’il ne pouvait résister à la force, appela la ruse à son secours. Il vint se jeter aux pieds du monarque, lui demanda humblement pardon et l’obtint. Admis dans l’intimité de Sanche, ou du moins dans ses bonnes grâces, le félon préparait une horrible trahison : il présente au roi un fruit empoisonné. A peine Sanche l’eut’il goûté que, se sentant mortellement atteint, il voulut être reporté tout de suite dans sa capitale ; mais il expira en route. Ce fut une grande désolation par tout le royaume, où Sanche était fort
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aimé ; comment peindre de la douleur de sa femme Gude ? Elle ne cessait de pleurer, de gémir, de plaindre la victime d’une si lâche perfidie. Mais, comme elle était chrétienne, elle s’occupa surtout de prier et de faire prier pour défunt ; c’est en cela qu’elle plaça le plus grand luxe de ses funérailles, qui eurent d’ailleurs toute la pompe ordinaire pour de tels personnages. Le corps avait été porté au monastère de Castillo, où l’on célébra quantité de messes. La pieuse veuve ne voulut point s’éloigner de ces chères dépouilles ; elle déposa son diadème et prit le voile de la pénitence parmi les religieuses, accompagnée dans ce sacrifice par plusieurs dames de la cour. Elle se dévoua ainsi à Dieu et aux œuvres saintes, principalement en faveur de son époux défunt.
La nuit aussi bien que le jour, elle faisait monter au ciel les plus ardentes prières ; mais le samedi jour consacré à la divine Marie, elle redoublait ses oraisons, ses pénitences, ses aumônes, la rigueur de son jeûne, afin de délivrer cette âme des tourments du purgatoire, si elle y était encore détenue. Un samedi qu’elle était agenouillée devant l’autel de la Reine du ciel et qu’elle s’acquittait avec ferveur, de ce touchant devoir, Sanche lui apparut. Il était couvert d’habits de deuil et avait pour ceinture un double rang de chaînes rougies par le feu. Il commença par remercier Gude de ce qu’elle faisait pour lui et la supplia en même temps de continuer cette œuvre de charité, et même de faire davantage si elle pouvait. « Ah ! lui dit-il s’il m’était donné ma chère épouse, de vous faire connaître  mes supplices que j’endure dans le purgatoire, combien s’augmenterait votre zèle pour celui que vous aimez encore ! Par
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les entrailles de la divine miséricorde, secourez-moi, Gude, secourez-moi ! Je suis dévoré dans ces flammes, Crucior in hac flamâ »
On le pense bien, il n’en fallait pas tant pour ranimer le zèle de pieuse femme ; redoubla de ferveur, de prières, de suffrages de toutes sortes, par elle-même et par les autres. Pendant quarante jours sans interruption, elle ne faisait que verser des larmes afin d’éteindre de feu qui consumait son mari, multiplier les prières afin de faire tomber ses chaînes, répandre d’immenses largesses dans les main des pauvres afin de racheter les fautes pour lesquelles il souffrait. En outre, elle fit dire un grand nombre de messes, et fit présent pour cela d’un riche ornement, destiné à rehausser la pompe des cérémonies sacrées.
Au bout de ces quarante jours, un samedi encore, le roi lui apparut de nouveau, non-seulement délivré de ses liens brûlants, mais environné d’un éclat céleste, vêtu d’un manteau d’une éclatante blancheur, dans lequel Gude reconnut l’objet précieux qu’elle avait donné pour l’église et que Dieu avait miraculeusement appliqué au salut de Sanche et à son triomphe. – « Me voici, lui dit-il  d’un air heureux ; je suis libre ; grâce à vous, pieuse reine, je n’ai plus à souffrir. Soyez bénie à jamais ! Persévérez dans vos saints exercices. Méditez les peines de l’autre vie, et plus encore la gloire du paradis, où je vais vous attendre et où je serai votre protecteur. » Gude tendit les bras vers lui, mais elle ne put le toucher ; seulement, elle saisit l’ornement, qui resta en sa possession et qu’elle donna de nouveau à l’église de Saint-Etienne. Il en avait, en effet, disparu quoique enfermé avec soin, et on admira par quel pro-
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